‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 320 sur 639 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M. DE MONTLCCAR, qui sort do la porte à gauche et s'nvance on rêvant; EDMOND, qui reste au fond du théâtre.

M. DE MONTLICAR, à part.

Certainement on peut être député et conserver sa couleur..., on est île l'opposition ;... cela n'en vaut que mieux,... on obtient bien plus!... Mais dans ma position je ne peux pas me proposer; il faut qu'on me fasse violence , c'est indispensable;... et Bernardet n'a pas assez Pair d'en comprendre la nécessité.

EDMOND

Abordons-le.

M. DE MONTLICAR, sèchement en apercevant Edmond.

Ah ! c'est vous , monsieur Edmond ; vous venez Je pense , pour voir madame de Montlucar...

EDMOND

Non , monsieur, c'est pour vous.

M. DE MONTLICAR, de même.

Et qui me procure de si bon matin l'honneur de votre visite?

EDMOND

Eue importante affaire... Il y a à Saint Denis un député à nommer...

M. DE MONTLUCAR, froidement.

C'est ce qu'on dit ,... car je me mêle peu de politique...

EDMOND

Je paye dans ce pays quelques impositions.

M. DE ■ORTLUCAB, d'un air aimable.

.l'entends, VOUS êtes électeur,. . et venez me trouver...

i MOUD.

C'est tout naturel,... votre influence, votre grand nom,... ?OS grands biens...

M. DE MONTLICVR, toujours d'un air aimable. Vous êtes trop bon ;... vous m'êtes envoyé, je le vois , par messieurs vos collègues...

I MIOND.

Qui donc?

\l. PB MONTI.I CAB.

Quelques .'•!< cteurs de rarrondissesaont. ..

EDMOND

Non , monsieur, je viens de moi même...

M. DE MONTLECAR, d'un air affectueux et lui prenant la main.

Je vous en remercie encore plus, et je ne puis vous dire, mon cher Edmond , à quel point je suis sensible à votre démarche,... quoiqu'elle me gène et me contrarie beaucoup ; non pas que plusieurs de mes amis ne m'aient déjà presque violenté à ce sujet;... mais vous comprenez vous-même ma position :... je ne suis plus un homme politique, je suis un homme de lettres... Comme tel je me suis fait une indépendance , des opinions , et je dirai même quelque gloire,... que je ne voudrais pas compromettre à la tribune...

EDMOND, avec étonneinent.

Comment cela?

M. DE MONTI.l "CAR, vivement.

Cela vous étonne, mais c'est ainsi ; et loin de vous savoir gré de l'honneur que vous me faites, je serais tenté de vous en vouloir;... car il m'est pénible de vous refuser... Et d'un autre côté, moi qui étais tranquille chez moi, qui ne m'attendais à rien, ...qui me croyais à l'abri de toutes les tentatives de ce genre,... vous venez me mettre dans la position la plus délicate et la plus cruelle... (D'une voix faible et comme prêt à céder.) Car, en vérité,... je ne peux pas être député...

EDMOND, vivement.

Rassurez-vous et ne m'en veuillez pas,... ce u'est pas là ce que je venais vous proposer...

M. DE MONTLECAR.

Hein?... que dites- vous?

EDMOM).

Je comprends très-bien vos motifs,... et t'est pour un autre que je venais vous parler...

M. DE MONTEICAK, cherchant à se remettre et affectant un itraejoit.

A la bonne heure, ...je respire;... vous me rendez ma tranquillité... Et cet autre quel est-il?

1 DMOM).

C'est moi.

H. DE mon 11 K \i; , IYM lOrprÎM^

Vous!... (Avr,- un ..ir.lr supériorité) Certainement, mon cher, je vont &coortieraii mon suffrage avec grand plaisir, car e'etl là, je pente, ce quevoui venez me demander ;... maie on connaît mon

opinion et la vôtre,... nos principes ne sont pas les mêmes...

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