ACTE I, SCÈNE III
LUCIEN
nui commenta sa réputation.
CKCILK.
Et qui changea en une brillante fortune le modeste héritage do l'orpheline... Madame de Savenay, ma parente, consentit alors a me retirer de la pension où mon tuteur m'avait placée , et voulut bien m'emmener avec elle, ici, en Normandie, dans son château,... où nous vivions la plus grande partie de l'année. Le reste du temps BC passait à Paris,... et là, monsieur, dès que je fus en âge de m'établir, je me vis entourée de jeunes gens aimables et brillants, qui se disaient mes adorateurs et qui m'offraient leurs homma- ... à moi, ou à ma fortune, je n'examinerai pas... Mais, ce que je puis vous attester, monsieur, c'est que libre de choisir parmi eux , je l'aurais fait si leur mérite m'avait dicté quelque préférence... Tous m'étaient également indifférents... Un seul, peutêtre, parla quelque temps à mon cœur ou à mon imagination ;... sans le savoir,... sans m'en rendre compte,-., je crus l'aimer,... je l'aimais peut-être...
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Et lui?...
Ne s'en doutait seulement pas, et n'a jamais pensé à moi! Il avait raison :... tout nous séparait,... je ne pouvais lui appartenir,.. ol je ne comprends pas d'attachement possible en opposition avec le devoir... C'est vous dire , monsieur, que celte chimère D'existé plus... Vous vous êtes présenté,... vous avez demandé ma main... Mon tuteur m'a dit : « Monsieur Lucien de Yillcfranche est mon « ami d'enfance et mon adversaire politique,... mais c'est on homme « de mérite , un homme d'honneur... Il t'aime éperdument, il te « rendra heureuse, je te le jure , aie confiance en moi. » Et j'ai répondu : ■ Mon ami , disposez de ma main... » Voilà, monsieur, comment je vous ai connu , et comment je me suis engagée à \<mi>. ; fidèle à mes serments et a nies devoirs , je me conduirai en honnête femme , en amie dévouée , je serai digne de vous et de votre estime,... je le sens,... je vous le promets!... Et maintenant, en échange de l'amour ardent et passionné que vous éprouvez , dites-VOQS, pour moi, vous me demandez des sentiments pareils, que vous blâmeriez, peut être, .s'ils existaient déjà, mais que le temps amènera bientôt sans doute; et lorsqu'il en sera ainsi, je
ferai comme aujourd'hui, monsieur, je vous dirai la vérité,... je vous la dirai toujours!... Et maintenant que vous savez tout, /.-vous eu moi?...
l.l MER.
Oui, plus qu'en moi-même!... J'étais un insensé,... j'exigeais ce que je ne puis obtenir encore, et ce que j'attendrai du temps et de mes soins!... Pour commencer,... confiance entière et absolue ; et, quoi qu'il arrive,... quoi qu'on puisse dire...