ACTE III, SCENE III
MADAME DE HIBOU, prenant la lettre et lisant.
« La plus aimée, la plus adorée des femmes. » (S'intcrrompant.) Ah ! je n'ai pas besoin d'achever ; je comprends tes tourments , car je les ai éprouvés.
MADAME DORBEVAL.
Ah ! que tu devais souffrir !
madame DE BRlENNE , lai prenant la main, et la regardant un instant en
silence.
Oui , tu es bien malheureuse, je le vois; mais tu le serais bien plus encore si tu étais coupable. Le malheur réel, c'est l'oubli de ses devoirs... Me préserve le ciel de m'ériger ici en moraliste, moi , ton amie , moi, qui suis femme et faible comme toi ; d'autres s'armeront des maximes les plus sévères, je te parle, moi, de ton intérêt , de ton repos , de ton bonheur.
MADAME DORBEVAL.
Mais ce sacrifice que tu me demandes , ce n'est pas moi seule qui dois en souffrir. Lis seulement les dernières lignes, elles te concernent.
MADAME DE BRI EN M
Oui, ici, au bas de la quatrième page. (Lisant.) « J'apprends « l'arrivée de madame de Brienne , de celte amie qui vous est si « chère ; je sais dans ce moment les moyens de lui être utile , mais « pour cela il faut que je vous parle à vous seule. Il y va de son « sort , de sa fortune. »
MADAME DORBEVAL.
Eh bien ?
MADAME DE BRIENNE , souriant.
Si j'avais pu hésiter, voilà qui me déciderait sur-le-champ.
MADAME DORBEVAL.
Que dis-tu ?
MVDAME DE BRlENNE.
Écoute-moi , Élise ; je connais monsieur de Nangis.