‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 6 sur 639 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

qui m'arrive en ce moment , et ne voulant point entamer mes capitaux , je venais prier Dorbeval de me prêter cinq ou six mille francs dont j'ai besoin.

OLIVI

Use pourrait! Eh bien, mon ami, je viens ici pour un motif tout opposé. J'ai fait des économies , et, par prudence, je venais les placer chez notre ancien camarade.

I'OLK.M.

Toi, des économies!...

OLIVIER

Eh oui , vraiment ! Un peintre , cela t'étonne! Je sais que ce n'est pas la mode , et qu'autrefois les financiers, les spéculateurs , et les sots de toutes les classes, se croyaient le privilège exclusif de faire fortune, et nous laissaient toujours dans leurs bonnes plaisanteries l'hôpital en perspective. Mais depuis quelque temps les beaux-arts se révoltent, et sont décidés à ne plus se laisser mourir de faim. Girodet et tant d'autres rc sont enrichis par leurs pinceaux. Nous avons des confrères qui sont barons; nous en avons qui ont équipage , qui ont des hôtels , et j'en suis lier pour eux. Trop longtemps la peinture a habité les mansardes ; dans ce HM-le-ci , elle descend au premier , et elle fait bien. Je n'en suis pas encore là : je ne suis qu'au troisième, j'y ai mon atelier , et si tu y venais quelquefois , lu verrais quelle gaieté , quelle franchise, quelle ardeur y président : tu sentirais le bonheur d'être chez soi; tu comprendrais quelles sources de jouissances on trouve dans l'amitié, la jeunesse et les arts; lu me verrais enfin le plus heureux des hommes, car je dois à mon travail mon aisance, ma liberté , et plus encore , le plaisir d'obliger un ami. (Tirait «n portefeuille. ) Tiens , voila mes fonds ; c"c-t chez toi que je les place.

POl ICNI.

Que fais-tu ?

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