ACTE IV, SCÈNE III
avant lout vous êtes un honnéle homme , et quelque idée que vous ayez de moi , vous ne m'accuserez pas du moins d'avoir manque à la reconnaissance , d'avoir sacrilié à mon repos le bonheur d'une amie.
l'OLIGM.
Que dites-vous?
MADAME DORBEVAI..
Que vous m'obligez à un aveu bien cruel ; que vous me forcez à m'abaisser, à ra'humilier à mes propres yeux : eh bien , j'accepte celte honte, celte humiliation; qu'elle soit la première punition de mes torls. Cette lettre de monsieur de Nangis, surprise par mon mari , elle était pour moi ; elle m'était adressée.
poucni.
Ociel!
MADAME DORBF.VAL.
C'est pour me sauver que madame de Brienne s'est avouée coupable; et si vous en doutez encore, tenez , monsieur, voici cette lettre dont Bermanoe vous parlait tout à l'heure.
POLK.M , refusant de la prendre.
Ah , madame !
MADAME DORBEVAI..
Non, monsieur, lisez. Il faut que vous connaissiez celle que vous avez soupçonnée.
POLK.M , liant.
« Je vous aime, et pourtant je m'éloigne : c'est madame de « Brienne , c'est votre généreuse amie , qui pour votre bonheur , « qui au nom même de mon amour, exige ce départ... Adieu « donc! j'accepte une mission importante que j'avais d'abord re- « fusée. »
M\DAME DORBEVAI. , à part, cl laissant échapper ua soupir.
Ah !
POLK.M
Qu'avcz-vo\
MVDVMi: DORBEVAI..
Bien, monsieur, continu»/.
POLK.M
« Si jamaifl je peu oublier mon amour , je demanderai à vous
" ci a madame de Brienne de m'admettra en tiers dans votre do- « ble amitié, En attendant , donnez lui cette lettre, qui lui prou- « fera que je me suis Décapé de ses intéréti , et qu'avant de ré-
« clamer le titre de son ami, j'ai voulu d'abord en acquérir les « droits. — Adolphe i>k Nangis.
AU ! que je suis coupable ! Comment implorer mon pardon ? comment oser me présenter à ses yeux? Madame, je n'ai plus d'espoir qu'en vous; suppliez-la de m 'accorder un instant d'entretien : surtout ne Jui parlez pas de ces projets, que j'abandonne , de ce mariage que je déteste et que je vais rompre.
MU) LMB IHH1BEVAL.
Ab ! qu'elle l'ignore à jamais ! Vous ne savez pas comme moi de quelle fierté, de quelle énergie son âme est capable! L'bonneur , le devoir,... voila les seules règles de sa conduite; elle leur sacrifierait tout , et perdre son estime , ce serait perdre son amour.
rOLIGM.
Ab! ne tardez plus; parlez, courez près d'elle! Je vous confie mes plus chère intérêts... (A part.) Et moi, à tout prix, je vais rompre avec Dorbeval.
( 11 sort par la porte du fond. )