‹ Œuvres choisies de E. Scribe (volume 2)Chapitre 77 sur 639 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

OLIVIER, MàBUU M URIC.NM..

Ol.lMF.Il.

C'est vous , madame ? \<>u> sortez du salon -1

MAIiVMr. Dl bru H

Oui, j'avais promis d'y paraître, j'y suis descendue un instant.

Il y avait un monde, un bruit; ils parlaient tous de ce contrat ;

■ au ciel , je n'ai rien entendu. (Avec inquiétude. ) Il parait que

c'est ce soir à onze heures ?

(M imi i;.

Oui, madame.

MADAME DE BRIENNE

Tout entière à ses devoirs de maîtresse de maison, madame Dorbeval pouvait à peine approcher de moi ou me parler ; perdue au milieu de la foule , je n'apercevais ni ce que je désirais , ni ce que je craignais de rencontrer, car je ne voyais ni vous ni Poligni ; et, fatiguée de tout ce monde, je quittais le salon, je rentrais chez moi.

OLIVIER

Sans parler à Poligni ?

MADAME DE BRIENNE , avec insouciance.

Je ne l'ai pas vu ; d'ailleurs , je n'avais rien à lui dire , j'y étais

décidée.

0MVIER.

Vraiment !

MADAME DE BRIENNE

Depuis que vous m'ayez quittée , j'ai réfléchi à ce que votre amitié , votre générosité m'avait confié, et j'ai trouvé indigne de moi d'en profiter. Oui , il ne m'est pas permis de compromettre une jeune personne , à laquelle , après tout , on ne peut reprocher que de l'imprudence, de l'étourderie; et nous avons toutes si besoin d'indulgence! Et puis cela empêcherait-il qu'il n'eût été infidèle? Il ne m'aime plus, il l'aime , il me l'a dit ! OLIVIER, a part.

Grand Dieu !

MADAME DE BRIENNE

Et si je les séparais, ils s'aimeraient davantage. (Vivement.) Non,

non, n'y pensons plus! Je ne suis plus telle que vous m'avez vue ce matin, sans énergie, sans force, sans courage. Ma raison est revenue , et avec elle ma fierté et l'estime de moi-même. ( Arec Fermeté. ) Je n'ai point mérité mon sort, je n'ai rien à me reprocher ; je perds celui que j'aime , mais je m'immole à son bonheur, mais je fais des vœux pour lui , je le force à me plaindre , à m' estimer, à me regretter. (Mettant la main rar loncœar. ) Je souffre encore , il est vrai ; mais je suis sans remords, et il en aura peut-éti

OLIVIER

Combien je vous admire I

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