SCÈNE H
Air du vaudeville du Charlatanisme.
Le chef de l'enregistrement !
Te voilà dans ses bonnes grâces...
M. DtIMESNIL.
Oh! je n'en demande pas tant.
DUCOUDRAI.
Eh quoi ! ta ne veux pas de places !
M. DUMESNIL
Point de faveurs; mais seulement De la justice...
DUCOUDRAI.
Quel caprice!
Songe donc que précisément En fait de places... c'est souvent, Une faveur que la justice.
MADAME DUMESNH..
Mais notre gendre n'en a pas besoin. Trente mille livres derente et un château.
DUCOUDRAI.
Ça n'est pas possible.
MADAME DUMESNIL
C'est ce qui vous trompe.
DUCOUDRAI. '
Fortune mal acquise. Quelque nouveau parvenu. . . ( D'un air piqué.) Du reste , vous êtes bien les maîtres ; vous ferez ce que vous voudrez ; qu'est-ce que ça me fait à moi?... Camille est votre fille.
M. DUMESNIL
Eli bien ! vois un peu ce que c'est que l'amour-propre : toi , le meilleur des hommes ! toi ! notre ami intime ! te voilà fâché que ma fille fasse un superbe mariage ; et pourquoi ? parce qu'il n'est pas de ton choix.
DUCOUDRAI.
Moi!
M. DUMESNIL
Mais nous allons parler de cela dans mon cabinet. Je ne veux pas que devant Camille il soit question de rien. Toi surtout , ma femme , ne la préviens pas de l'arrivée de M. de Luceval ; il ne veut pas être connu , et je lui en ai donné ma parole.
DUCOUDRAI.
A merveille. Il parait que le jeune prince veut garder l'incognito ; c'est charmant: des manières de grand seigneur.
l'y1 LA DEMOISELLE A MARIER.
M. DIMESML.
Eh non ! c'est au contraire pour eu agir plus simplement qu'il doit se trouver ici par hasard , et pour marchander quelques arpents de terre.
DICOLDRAl.
Encore mieux , c'est un petit roman qui commence. Il parait que votre gendre futur est un jeune homme à sentiments.
M. Dl'MESML, l'emmcDant.
Tiens, tuas heau faire, tues piqué contre lui.
DLCOUDRAI.
Moi ! si l'on peut dire!... (On entend la ritournelle de l'air suivant.)
MADAME DIMESML.
Eh ! partez donc , car voici ma fille.