SCÈNE XIII. 3G
SANDFORT.
Cette fois vous avez raison ; et voilà un sujet du moins sur lequel nous n'aurons pas de dispute ; c'est le premier.
MISS MILNER
Croyez-vous, monsieur Sandfort, que cela s'arrange?
SANDFORT.
Parbleu ! maintenant il n'y a plus rien à craindre, et tout va se terminer à l'amiable. Votre tuteur racontera à lord Frédéric ce que vous venez de lui avouer; il lui apprendra que vous l'aimez.
MISS MILNER
Comment, monsieur, vous croyez qu'il le lui dira?
SANDFORT.
Le moyen de faire autrement ?
MISS MILNER
Voilà ce qui me désespère; s'il avait pu ne pas lui en parler, le lui laisser ignorer...
C'est cela, pour qu'ils se disputent encore.
MISS MILNER
Non vraiment, et j'espère bien qu'il ne sera plus question de duel et de combat.
( On entend un coup de pistolet. ) Dieu ! que viens-je d'entendre ! Lord Elmvood m'a donc trompée.
( Sandfort court à la fenêtre, qu'il ouvre, et il regarde dans le jardin. ) Eh
bien ! est-il blessé ?
SANDFORT.
Qui? lord Frédéric?
MISS MILNER
Eh non ! milord Elmvood.
SANDFORT.
Grâce au ciel , je les vois tous les deux ; les témoins les entourent; ils s'embrassent, ils se séparent : l'uu revient de ce côté, et l'autre remonte à cheval.
MISS MILNER
Dieu soit loué ! Et vous êtes bien sûr qu'il ne lui est rien arrivé?
SANDFORT.
A lord Frédéric ?
MISS MILNER
Eh non! je vous parle de lord Elmvood, démon tuteur, de celui à qui je dois tout.
«CRIBE, ~ T. II. 31
SANDFORT.
Eh! tenez, le voici.