SCÈNE XXII
FRÉDÉRIC
Non; c'est vous-même qui m'avez fait arrêter et conduire chez vous.
LE COMTE
C'est vrai; mais prendre un faux nom.
FRÉDÉRIC
Je vous ai dit le mien ; c'est vous qui avez exigé que j'en prisse un autre.
LE COMTE
C'est vrai; mais feindre d'aimer une petite grisette.
FRÉDÉRIC
Je n'y ai jamais pensé ; vous avez été témoin que je n'ai pas reconnu mademoiselle.
LE COMTE, souriant.
C'est encore vrai, je suis forcé d'en convenir ; (vivement) mais ce maudit mystère, je ne pourrai pas venir à bout... ( A Frédéric et à Juliette. ) Eh bien ! je vous pardonne, je vous marie, à une seule condition, c'est que vous m'expliquerez tout; cette lettre que j'ai reçue , cet amour prétendu, pour quel motif? dans quel but?
FRÉDÉRIC
J'en suis désolé, mais je n'en sais encore rien.