‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 398 sur 414 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. de BREMONT, SUZETTE.

M. DE BREMONT

Nous sommes seuls enfin , et je puis te remercier de ton courage et de ta générosité ; tu en seras récompensée , j'aime à le croire , et Bertrand te rendra heureuse ; tu sais maintenant combien il t'aime ; et malgré cet amour, tu as vu sa soumission , son respect , quand tu lui as dit que tu désirais me parler, rester seule avec moi.

SIZETTE.

Ah! je lui en sais gré ; ce que vous m'avez dit , ce que je viens

d'entendre, tout cela me rassure. Je pense, comme vous, que Bertrand est un honnête homme; je désire l'aimer, j'y ferai tout mon possible.

M. DE BREMONT

Et lu y parviendras. (Après un instant de silence. ) Je vais partir, Suzette, et j'emmène avec moi mon fils.

Si zette luit un mouvement, et se reprend.

Ah ! tant mieux.

M. DE BREMONT

11 n'a pas assisté à ton mariage.

SIZETTE.

Je l'en remercie.

M. DE BREMONT

Ce remerciment-là , je le garde pour moi ; car j'avais eu soin de l'enfermer à la clef, et je viens seulement tout à l'heure de lui rendre la liberté. Je donne à Bertrand et à toi , Suzette , ce pavillon qui est à l'extrémité de mon parc, et les trente arpents qui en dépendent : c'est bien peu , j'en conviens ; mais j'ai craint que si l'on se doutait déjà de l'amour de mon fils, un présent plus considérable ne confirmât les soupçons ; et avant de songer à la fortune de ton mari , j'ai songé d'abord à son honneur, à son repos : plus tard , je verrai.

SLZETTE.

Ah , monsieur le comte ! c'est déjà trop; et par une telle générosité, c'est porter préjudice à votre fils.

M. DE BREMONT

Que ta délicatesse se rassure, je lui ai montré cet acte; il l'a eu entre les mains, et c'est lui qui l'a signé et cacheté; tu peux donc

l'accepter, et sans scrupule. ( Il présente le paquet caclietc à Suzette,

qui le prend. ) Adieu , je te laisse chez toi , et avec ton mari.

( II sort. )

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