‹ Œuvres choisies de E. ScribeChapitre 408 sur 414 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

les précédents; PINCHON.

PINCHON

C'est ça ; vous êtes là à causer tous les deux , et vous ne savez pas ce qui arrive.

MADAME PINCHON

Qu'est-ce donc?

Monsieur Edouard qui est perdu... Dis donc , ma femme , tu ne sais pas où est notre jeune maître ?

(Suzctte se retire vers le fond, auprès de la porte de l'appartement à gauche.) MADAME PINCHON.

C'te question ! Est-ce que tu me l'avais donné à garder '. Mais comme te voilà fait! comme ta cravate est arrangée !

( Elle la lui arrange. ) PINCHON.

Dame, tu n'étais pas la pour me la mettre. Je te disais donc qu'on ne trouve pas monsieur Edouard au château ; et Bertrand , qui déjà ne l'a pas vu à sa noce , est inquiet de lui , et le cherche partout pour lui présenter sa femme , parce qu'il veut que ce soit lui qui tantôt ouvre le bal , et c'est trop juste.

SDZETTÈ.

Ah , mon Dieu !

'mi LE MARIAGE DE RAISON.

MADAME PINCHON, à Suzctle.

lie bien ! qu'as-tu donc ? Comme te voilà pâle !

SUZETTE

Oui, je souffre, je souffre beaucoup ; mais je te remercie : je vous remercie tous deux : nous ne nous quitterons plus; vous seuls êtes mes véritables amis.

PINCHON

Eh! mais sans doute, vous et votre mari; cela va sans dire, car les amis de ma femme sont toujours les miens.

MADAME P1NCHON.

N'est-ce-pas? Tu vois que je l'élève dans les bons principes.

SLZETTE.

Venez , venez , sortons de ces lieux ; allons retrouver tout le monde.

PINCHON

C'est ça. Allez toutes les deux; moi, je reste ici, parce que j'attends Bertrand, qui doit venir m'y retrouver.

Sl'ZETTE, à part.

Grands dieux! (Haut.) Je reste alors; je reste aussi. ( A part.) Que devenir, et comment le renvoyer?

( Elle passe Ju côté du paravent. ) l'INCIION , examinant l'intérieur du pavillon.

Savez-vous que c'est gentil ce pavillon ? c'est joliment décoré! C'est donc là'le présent de noces de monsieur le comte? ça et les Irenle arpents qui en dépendent?

MADAME PINCHON

Oui, sans doute.

PINCHON , passant entre les deux femmes.

Et rien avec ? rien de plus ?

SUZETTE , avec impatience.

Non , vraiment.

PINCHON

Eb bien ! ce n'est guère, et je croyais qu'à cause de Bertrand , il ferait mieux les choses, parce que certainement, après ce qu'il lui doit , après ce dont j'ai été le témoin...

MADAME PINCHON

Quoi ! qu'est-ce que c'est ? qu'est-ce que tu as vu?

Rien, rien, madame Pinchon ; c'est quelque chose qui nous regarde, nous autres hommes; quelque chose que je sais.

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