SCÈNE Vf
PHIL1PP0N
Voyez combien vous étiez injuste ! vous croyiez que Léon aimait madame de Melval : il n'y pense seulement pas.
URSULE
Vraiment ? Eh ! mon Dieu ! je l'ai dit , parce qu'on le disait, sans y attacher d'importance.
PHILIPPON"
Il aime ailleurs. Nous avons ici M. Dermont , le receveur , un ami du père de Léon ; il a deux filles charmantes, que mon pupille a connues très-jeunes : c'est l'une d'elles qu'il aime.
URSULE
Vous eu êtes bien sûr ?
l'IlILIPPOX.
Oui , vraiment. Il s'est trouvé l'autre semaine avec M. Dermont à une partie de chasse , et lui a parlé, avec beaucoup de trouble et de timidité , du bonheur d"ètre de sa famille. Il connaissait, disait-il, quelqu'un qui serait bien heureux d'être son gendre , enfin , ce qu'on dit en pareil cas : et il allait faire la demande formelle; mais M. Dermont , en homme prudent et en beau-père expérimenté, a rompu la conversation pour se donner le temps de préparer sa réponse et de prendre un parti. Il a consulté Clairval, qui m'a fait appeler. Nous en avons délibéré tous les trois , et si maintenant vous voulez nous seconder...
URSULE
Moi , monsieur , je ne vois pas à quoi je peux vous être utile.
PHILIPPON
D'abord à connaître celle des deux sœurs dont il est amoureux ; car nous ne savons pas encore laquelle ; ensuite , pour décider la jeune personne, il faudrait... mais taisons-nous , cae voici ces demoiselles.