SCÈNE VI
LES précédents; MALVTNA, tenant un livre, et JULIETTE, un papier de musique.
(A l'entrée de Juliette et de Malvina, Ursule va s'asseoir auprès de la table à gauche, et Philippon va du côté de la table à droite.)
JULIETTE, montrant son papier de musique.
Air: Povera signora (du Concert à la Cour.)
Oui, je vois Qu'à ma voix
Il va sans peine.
Quel morceau !
Rien n'est beau
Comme cela!
Ah! ah! ah! ah! ah!
MALV1NA , soupirant.
Ah! quel bonheur! sur la rive lointaine, De conlier son secret au vieux chêne ! JULIETTE, chantant.
Ah ! ah ! ah ! ah ! ah !
(Allant à Philippon.) Oui , ma sœur, Par malheur, Est romantique.
(A Malvina.) Jours et nuits Tu gémis, Et moi je ris.
Ah ! ah ! ah ! ah ! ah !
PHILIPPON, à part.
L'une sourit, l'autre est mélancolique; Faisons ici briller ma rhétorique.
Ensemble.
PHILIl'PON.
Notre projet, je crois, réussira.
JULIETTE, chantant.
Ah! ah! ah! ah!
MALVINA , soupirant.
Ah! ah! ah! ah!
PHILIPPON, aux deux demoiselles."
Vous avez ce matin des toilettes charmantes!
JULIETTE
Ne m'en parlez pas ! mon père veut toujours que nous soyons habillées de même , sous prétexte que nous sommes sœurs ; c'est tyranuique : parce que je n'aime que le bleu; il me va très-bien. malvina , soupirant.
Et moi, le rose.
Air : Vos maris en Palestiue.
Il faut pour que je me mette Selon mon goût et mes vœux , Que ma sœur me le permette ; C'est souvent bien ennuyeux.