SOCRATE, MONTAIGNE
^^j^«r^N,^ 'EST donc VOUS, divin Socrate? Que ^rV'^vy ' /-jj'ai de joie de vous voir! Je suis é^A^^^igtout fraîchement venu en ce païs-ci,
•^-^^^^et dès mon arrivée je me suis mis à vous y chercher. Enfin, après avoir rempli mon ' livre de votre nom et de vos éloges, je puis m'eni tretenir avec vous, et apprendre comment vous possédiés cette vertu si naïve '^ dont les allures étoient si naturelles, et qui n'avoit point d'exemple, même dans les heureux siècles où vous viviés.
SOCRATE
Je suis bien aise de voir un mort qui me paroît avoir été philosophe; mais, comme vous êtes nouvellement venu de là-haut, et qu'il y a long-temps que je n'ai vu ici personne (car on me laisse assés seul, et il n'y a pas beaucoup de presse à rechercher ma conversation), trouvés bon que je vous