ANNK OF, BRETAGNE, MARIE D'ANGLETERRE
ANNE DE BRETAGNE
|Wpp\^s^^\UsuRÉMENT ma mort vous tit grand
^i plaisir. Vous passâtes aussi-tôt la mor
pour allor épouser Louis XII, et vous
is.iisir du trône que je laissois vuide.
Mais vous n'en jouîtes guéro; et je lus vengée de
vous par votre jeunesse même, et par votre beauté,
|ui vous rendoient trop aimable aux yeux du roi M lo consoloient trop aisément de ma perte : car
■lli-s hâtèrent sa mort, et vous ein|H"'H'horont d'être
oiig-temps reine.
MARIE d'aNGLETERRE,
Il est vrai que la royauté ne fit que se montrer à moi, et disparut en moins de rien.
ANNE DE BRETAGNE
Et, après cela, vous devîntes duchesse de Suffolc? C'étoit une belle chute. Pour moi, grâce au Ciel, j'ai eu une autre destinée. Quand Charles VIII mourut, je ne perdis point mon rang par sa mort, et j'épousai son successeur, ce qui est un exemple de bonheur fort singulier.
MARIE d'aNGLETERRE.
M'en croiriés-vous, si je vous disois que je ne vous ai jamais envié ce bonheur-là?
ANNE DE BRETAGNE
Non, je conçois trop bien ce que c'est que d'être duchesse de Suffolc, afirès qu'on a été reine de France.
MARIE d'aNGLETERRE. >
Mais j'aimois le duc de Suffolc. '
ANNE DE BRETAGNE
Il n'importe. Quand on a goûté les douceur; de la royauté, en peut-on goûter d'autres?