LES LO NETTES
dans les légendes de ses cliaruiaiits croquis, el imprimé par Nestor ltoqueplan dans ses nouvelles A la main.
Maintenant que nous voilA lixé sur cette étymologie, qui aurait bien pu devenir peu lucide dans deux mille ans, el. comme dit Nicolas lluileau Despréaux :
Ans Saumats**» futurs pu'|uri‘r des lortiire» .
passons à la définition de la Lorette, car la chose est nouvelle comme le mot. — La Lorette n’est ni une grisolle ni une femme eut retenue. La grisolle se perd, elle n’existe guère plus que dans les romans de M. de Kock, où elle continue à faire des crêpes, à manger des marrons el A boire du cidre, pour l'édification des duchesses étrangères qui étudient les mœurs françaises. — Une profonde différence sépare la grisolle de la Lorette. La grisette a un état quelconque, elle est couturière, cliamarrcnsc , brodeuse, etc., etc. Elle travaille toute la semaine, et ne donne au plaisir qu’un jour sur sept : grâce au modique revenu que lui crée son aiguille, elle conserve son libre arbitre et son indépendance. Sou amoureux ne peut lui faire accepter qu'une robe, un souper ou qiitdquc bagatelle analogue : mais elle se nourrit elle-même, le plus souvent, do radis, de lait el de pommes crues, et professe pour les cadeaux en argent monnayé une vertueuse aversion. La Lorette, comme le lis dont parle l'Écriture, ue file pu* ri ue irarnille pax; elle a emprunté, sans le savoir, celle magnifique devise à la légende héraldique du pavillon de France. La servitude de la femme entretenue, proprement dite, répugne également A son caractère inégal et fantasque ; elle aime mieux courir les chances d’aventures compliquées et d'amours multiples. Ordinairement fille de portier, la Lorette a eu d'abord pour ambition d'élre chanteuse, danseuse ou comédienne , elle a dans sou bas âge tapoté quelque peu de piano, épelé les premières pages de solfège, fait quelques pliés dans mie classe de danse, cl déclamé une scène de tragédie avec sa mère, qui lui donnait la réplique, liinellcs sur Je lier. Quelques-unes ont été plus ou moins choristes, figurantes ou marcheuses à l'Opéra; elles ont toutes manqué d'être premiers sujets. Cela a tenu, disentelles, aux manœuvres d’un amant évincé ou rebuté; mais elles s'en moquent. Pour chanter, il faudrait se priver de fumer des cigares Régalia et de boire du viu de Champagne dans des verres plus grands que nature, cl l’on ne pour-
OEUVRES l)E O AV AH NI.
rail, le soir, faire vis-à-vis à la reine Pomaré nu bal Mobile pour line polka, mazurka ou frotteska, si l'on avait fait dans la journée les deux mille baderne» ts nécessaires pour sc tenir le cou-de-pied frais. La Lorette a souvent équipage, ou tout au moins voilure au mois. — Parfois aussi elle n'a que des boitilles suspectes, à semelles feuilletées qui sourient à l’asphalte avec une gaieté intempestive. Un jour elle nourrit son chien de blanc-manger: l'autre, elle n'a pas de quoi avoir du pain, alors elle achète de la pâle d'amandes. Kllr peut se passer du nécessaire, mais non du superflu. Plus capable de caprices que la femme entretenue, moins capable d'amour que la grisetle. la Lorette a compris son temps cl l’amuse comme il veut l'être; son esprit est un composé de l'argot du théâtre, du jockey-club et de l'atelier. Gavarni lui a prêté beaucoup de mots, mais elle en a dit quelques-uns. I)cs moralistes, même peu sévères, la trouveraient corrompue, et pourtant, chose étrange ! elle a, si l’on peut s’exprimer ainsi, l'innocence du vice. Sa conduite lui semble la plus naturelle du inonde ; elle trouve tout simple d’avoir une collection d’Arthurs et de tromper des protecteurs à crâne beurre frais, à gilet blanc. Elle les regarde comme une espèce faite pour solder les factures imaginaires et les lettres de change fantastiques : c’est ainsi qu'elle vit, insouciante, pleine de foi dans sa beauté, attendant une invasion de boyards, un débarquement de lords chargés de roubles et de guindés. — Quelquesunes font porter, de temps à autre, par leur cuisinière, cent sous à la caisse d’épargne ; mais cela est traité généralement de petitesse et de précaution injurieuse 5 la Providence
La Lorette ne petit pas avoir moins de quinze ans i au-dessous elle rentre dans la catégorie des rats), ni plus de vingt-neuf ans. — Que devicnneutelles passé cet âge? C'est une grave question et qui n'a jamais pu être résolue d'une manière satisfaisante. Que deviennent les fusées après le feu d’arlilice? Que deviennent les bouquets de la veille, les toilettes de bal, quand la fête est finie? Que devient tout ce qui brille, s’épanouit et disparaît? — Il est probable, pourtant, que celles qui n’épousent pas de princes étrangers reviennent à leur point de départ, c’est-à-dire, à la loge du portier. et font des ménages dans leurs vieux jours,
Tiir.ofHiLr. G ALTIER
OUVRES DF, GAVAKNI.
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— Enchanté . Manu, de l'honneur de vous voir'
— El la ante. Btsieu, comment va-t-elle?
— Mais .. pas mal... El vous?
TïUVRFS DF GAVARN1.
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— Je vous garde un coup jour Cbanlereiue, jeudi, mon pelil Charles : je joue la « Fille d'honneur. »
— Ci sera drôle!
— . Tous mes amis viennent.
— Ci sera plein!
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Mon doré, dis-nwi ton petit ram.
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FUVRSS DE GAVARN!
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— Avoir perdu ses plus belles années. tout ce qu'on avait d'illusion, de simplicité de cœur, jeunesse l avenir!... et tout!..
— Pour un crapaud comme ça L
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— Tas bien tort, va, ma fille, de laisser la petite to parler comme ça !...
— Dis : Grand'mère. tu mus embêtes !
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OEUVRES DF. OAVARNI
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OEUVRES DE O AV ARN l.
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lia petit jeune homme qui avait l'an si sentimental! Oui, .. sentimental comme un bilboquet., et ca vou Ça, c'est peu drôle.
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Dis donc' ce voleur de bric-à-brac qui voahit reprendre mes Souvenus el mes Recels pour quaire livres dis sous. .. vieux Kardochée '■
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ŒUVRES DE GAVARW
Le» Loreitec.
— As- lu jamais vul Elodie Charnu qui ne vous regarda pas les camarades depuis qu'elle a trouvé un serin de Mosieu pour se marier I ça Fait des manières el ca a dansé dans les chairs, je vous demande un peu. une porle-matM comme ça!...
— Et qui en avait vul des cavalcades I
Par Gavants
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