OEUVRES DE G AV AK NI
queue de poisson, créées à leur intention par la terreur des familles et par
la vanité des gros protecteurs de cinquante ans — Et c'est grand dommage ! I
— Il serait vraiment désirable de pouvoir sc désennuyer parfois des bonheurs respectables, auprès de créatures aussi adorablement perverses, — si elles existaient! — Mais s'il est. au contraire, une carrière prosaïque et cerclét* d'ennuis pour une femme, c’est celle du théâtre. Vous parle/ de liberté quel esclave est donc rivé A une chaîne aussi courte que celle qui attache l'actrice au public ? El que de maîtres sans compter le public ! L’actrice doit plaire et sourire à tous, heureuse encore quand il ne lui eu coûte qu’un sourire ! Aussi fait-elle, avec raison, paver son esclavage le plus chèrement possible. Son insouciance pour la fortune consiste à vendre son talent au plus haut enchérisseur, et sa légèreté ne rentrante jamais à faire que des folies d’un excellent rapport. — Sans parler de la cause de leur beauté, qu’elles plaident chaque soir devant la rampe, les actrices poussent souvent l'amour de la justice jusqu’à plaidera tout propos, et signent toujours, dans leur désintéressement, moins de billets doux que de papiers timbrés. Loin d’étre folles et dissipées, les actrices sont donc de fort sensées personnes, plus occu|>ées de leurs intérêts que de leurs plaisirs, et moins jalouses de
leurs plus belles amours que de leur moindre rôle. On en voit u.émc qui 4
savent placer leurs caprices avec une prévoyance aussi sage que celle des mères quand il s’agit d'établir leurs enfants. Excellents garçons, du reste, avec leurs amis, et d’un dévouement à toute épreuve pour leurs camarades
— laides, — les actrices sont surtout d'une bonté louchante pour celles de leurs rivales qui ne réussissent pas. Nulle différence bien sensible n'cxislc donc, comme on voit, entre les actrices et les autres femmes. El comment, d'ailleurs, eu serait-il autrement? La comédie serait-elle chose si étrangère aux femmes, que la jouer eu public fût une raison de changement pour elles? Nous le croyons peu. Aussi déclarons-nous que les actrices sont tout simplement de charmantes femmes, — quand elles sont charmantes
El maintenant, libre à vous de penser, si hou vous semble, que lotîtes lefemmes sont plus sûrement encore de charmantes actrices.
l’s Dinrcmn nu tiif.vtki
'JtfiUVRfcî DE GA V ARN!.
Lcr Acliiocr.