‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 104 sur 134 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

GÉUONTE.

Donne.

Cela suffit.

(Le laquais sort.)

Yovons... Ah! ccllc-ci m’étonne...

Quelle est cette écriture?... Oui-dà! j’allois vraiment Faire une belle affaire! Oh ! je crois aisément Tout ce qu’on dit do lui, la matière est féconde *

Je vois qu’il est encor des amis dans le monde.

CLÉON

Que’ vous mande-t-on?. Qui ?

GÉRONTE

Je ne sais pas qui c’est;

Quelqu’un sans se nommer,' sans aucun intérêt... Mais je ne sais s’il faut vous montrer cette lettre •

On parle mal de vous.

CLÉON

De moi ! daignez permettre...

GÉRONTE

C’çst peu de chose; mais...

CLÉON

Voyons : je ne veux pas Que sur mes procédés vous ayiez d’embarras.

Qu’il soit aucun soupçon, ni le moindre nuage.

GÉRONTE

No craignez rien*; sur vous je ne prends nul ombrage • * Vous pensez comme moi sur ce plat freluquet :

Tenez , vous allez voir l’éloge qu’on en fait.

CLEON, lisant.

« J’ajiprcnds, monsieur, que vous donnez votre nièce

a à Valère : vous ignorez apparemment que c’est un

LE MECHANT

« libertin, dont les affaires sont très -dérangées, et le « courage fort suspect. Un ami de sa mère, dont on no « m’a pas dit le nom, s’est fait le médiateur de ce ma- « riage et vous sacrifie. II m’est revenu aussi que Cléon est t. fort lié avec Valère ; prenez garde que ses conseils ne U vous embarquent dans une affaire qui ne peut que « vous faire tort de toute façon. »

GÉRÔNTE.

Eh bien! qu’en dites-vous?

CLÉON

Je dis, et je le pense.

Que c’est quelque noirceur sous l’air de confidence. Pourquoi cacher son nom ?

(U déçbire U leurej

GÉRONTE

Comment? vous déchirez...

Oui... Qu’en voulez-vous faire?

' GÉRONTE

Et vous conjecturez Que c’est quelque ennemi qu’on en veut à Valère ?

CLÉON

Mais je n’assure rien : dans toute cette affaire Me voilà suspect, moi, puisqu’on me dit lié...

GÉRONTE

Je ne crois pas un mot d’une telle amitié.

CLÉON

Le mieux sera d’agir selon votre système ;

N’en croyez point autrui, jugez tout par vous-mème.

Je veux croire qu’Ariste est honnête homme, mais... Votre écrivain peut-être... Enfin sachez les faits,

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