‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 40 sur 134 · VOYAGE · texte numérisé non relu

VOYAGE

A peine les vieux coqs éveilloient leurs poulettes, Oue, le clairon de notre messager Sonnant partout le boute-selle ,

Je fis l’effort de me lever (Car au plus mauvais lit le sommeil m’est fidèle;

• Je dormirois sur un clocher).

Je me relevai donc, non sans faire jurer

Mon impatiente sequelle ; ' ' •

Iinfin je regagnai ma lente haridelle,

. Ma valise, et mon cordelicr.

Depuis ce moment tout le voyage fut affreux : nous ne trouvâmes plus que des chemins diaboliques, perces à travers des bois éternels;

Des ravines abominables.

Des coupe-gorges effroyables,

. Dans de ténébreuses forêts, - ,

Où cent mille lutins, cent mille farfadets,

Chaque nuit, avec tous les diables Tiennent leurs horribles sabbats.

Des conciles épouvantables Auxquels je n’appellerai pas.

enfin, d’horreurs en horreurs, de monstres en monstres, nous arrivâmes et nous fîmes notre entrée dans la ville, bourg et village de La Flèche, où je pris volontiers congé de ma veuve de Rossinante : que vous dire maintenant de ce pays-ci?

La Flèche pourroit être aimable,

S’il étoit do belles prisons;.

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