GÉRONTE, LISETTE
GERONTE, sans voir Lisette.
Ma foi, je tiendrai bon.
Quand on est bien instruit, bien sûr d’avoir raison Il ne faut pas céder. Elle suit son caprice :
Mais moi, je veux la paix, le bien et la justice : Valère aura Chioé.
LISETTE
Quoi ! sérieusement ?
GÉRONTE
Comment! tu m’écoutois?
L1 SETTE
* Tout naturellement.
Mais n’est-ce point un rôve, une plaisanterie? Comment, monsieur! j’aurois, une fois en ma vie, Le plaisir de vous voir, en dépit des jaloux,
De votre sentiment, et d’un avis à vous?
LE MÉCHANT
GÉnONTE.
Qui m'en empôcheroit? je tiendrai ma promesse: Sans l'avis de ma sœur, je marierai ma nièce : C’est sa fille, il est vrai; mais les biens sont à moi Je suis le maître enfin. Je te jure ma foi Que la donation, 'que je suis prêt à faire.
N'aura lieu pour Chipé qu’en épousant Valèro ; Voilà mon dernier mot. *
LISETTE
Voilà parler, cela 1
GÉRONTE
Il n’est point de parti meilleur que celui-là.
LISETTE
Assurément.
GÉRONTE
C’étoit pour traiter cette affaire Qu’Ariste vînt ici là semaine dernière.
La mère de Valère, entre tous ses amis, '
Ne pouvoit mieux choisir pour proposer son fils. Ariste est honnête homme, intelligent et sage : L'amitié qui nous lie est, ma foi, de notre âge; Il est parti muni de mon consentement,
Et l'affaire sera finie incessamment ;
Je n’écouterai plus aucun avis contraire;
Pour la conclusion l’on n’attend que Valère :
11 a dû revenir de Paris ces jours-ci ;
Et ce soir au plus tard je les attends ici.
LISETTE
GÉRONTE
Toujours plaider m’ennuie et me ruine;
Fort bien.