‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 60 sur 134 · GÉRONTE, LISETTE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, LISETTE

GERONTE, sans voir Lisette.

Ma foi, je tiendrai bon.

Quand on est bien instruit, bien sûr d’avoir raison Il ne faut pas céder. Elle suit son caprice :

Mais moi, je veux la paix, le bien et la justice : Valère aura Chioé.

LISETTE

Quoi ! sérieusement ?

GÉRONTE

Comment! tu m’écoutois?

L1 SETTE

* Tout naturellement.

Mais n’est-ce point un rôve, une plaisanterie? Comment, monsieur! j’aurois, une fois en ma vie, Le plaisir de vous voir, en dépit des jaloux,

De votre sentiment, et d’un avis à vous?

LE MÉCHANT

GÉnONTE.

Qui m'en empôcheroit? je tiendrai ma promesse: Sans l'avis de ma sœur, je marierai ma nièce : C’est sa fille, il est vrai; mais les biens sont à moi Je suis le maître enfin. Je te jure ma foi Que la donation, 'que je suis prêt à faire.

N'aura lieu pour Chipé qu’en épousant Valèro ; Voilà mon dernier mot. *

LISETTE

Voilà parler, cela 1

GÉRONTE

Il n’est point de parti meilleur que celui-là.

LISETTE

Assurément.

GÉRONTE

C’étoit pour traiter cette affaire Qu’Ariste vînt ici là semaine dernière.

La mère de Valère, entre tous ses amis, '

Ne pouvoit mieux choisir pour proposer son fils. Ariste est honnête homme, intelligent et sage : L'amitié qui nous lie est, ma foi, de notre âge; Il est parti muni de mon consentement,

Et l'affaire sera finie incessamment ;

Je n’écouterai plus aucun avis contraire;

Pour la conclusion l’on n’attend que Valère :

11 a dû revenir de Paris ces jours-ci ;

Et ce soir au plus tard je les attends ici.

LISETTE

GÉRONTE

Toujours plaider m’ennuie et me ruine;

Fort bien.

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