II
Ne ferions-nous pas bien d’aller voir où l’on est? 11 convient...
ARISTE
Un moment. Si l’amitié sincère M’autorise à parler au nom de votre mère,
De grâce, expliquez-moi ce voyage secret Qu’aujourd’hui meme ici vous avez déjà fait.
VA LE UE
Vous savez?...
AUISTE .
Je le sais.
VA LE RE
Ce n’est point un mystère Bien merveilleux : j’avois à parler d’une affaire Qui regarde Gléon, et m’intéresse fort;
J’ai voulu librement l’entretenir d’abord,
Sans être interrompu par la mère et la fille,
Et nous voir assiégés de toute une famille.
Comme il est mon ami...
ARISTE
Lui?
VA LÈRE
Mais assurément.
ARISTE
Vous osez l’avouer?
VALÈRE
Ahl très-parfaitement.
C’est un homme d’esprit, de bonne compagnie, Et je suis son' ami de cœur et pour la vie.
Ah 1 ne l’est pas qui veut.
LE MÉCHANT
AniSTE.
Et si l’oii vous montroit
Que vous le haïrez?
VALÈRE
On seroit bien adroit.
ARISTE
Si l’on vous faisoit voir que ce bon air, ces grâces, Ce clinquant de l’esprit, ces trompeuses surfaces. Cachent un homme affreux , qui veut vous égarer,
Et que l’on no peut voir sans se déshonorer?
C’est juger par dos bruits de pédants, de comméres.
ARISTE
Non, par la voix publique; elle no trompe guôres.' Géronte peut venir, et je n’ai pas le temps De vous instruire ici de- tous mes sentiments :
Mais il faut sur Cléon que je vous entretienne;
Après quoi choisissez son commerce ou sa haine.
Je sens que je vous lasse, et je m’aperçois bien,
A vos distractions, que vous ne croyez rien :
Mais, malgré vos mépris, votre bien seul m’occupe; 11 seroit odieux que vous fussiez sa dupe.
L’unique grâce encor qu’attend mon amitié,
(’/est que vous n’alliez point paroître si lié Avec lui ; vous verrez avec trop d’évidence Que je n’exigeois pas une vaine prudence.
Quant au ton dont il faut ici vous présenter.
Rien, je crois, là-dessus ne doit m’inquiéter;
Vous avez de l’esprit, un heureux caractère.
De l’usage du monde, et je crois que i>our plaire