‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 98 sur 134 · GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE

GERONTE, d'un air fort empressé.

Eh ! vraiment oui, c’est lui. Bonjour, mon cher enfant... Viens donc queje l’embrasse.

« (a Ariste.)

Comme le voilà grandi... Ma foi, cela nous chasse.

VALÈRE

Monsieur, en vérité...

GÉRONTE

Parbleu I je l’ai vu là ,

Je m’en souviens toujours, pas plus haut que cela; ' C’étoit hier, je crois... Comme passe notre âgel Mais te voilà, vraiment, un grave personnage.

(a Ariste.)

Vous voyez qu’avec lui j’en use sans façon ;

C’est tout comme autrefois, je n’ai pas d’autre ton.

VALÈRE

Monsieur, c’est trop d’honneur...

GÉRONTE

Ohl non pas, je te prie; N’apporte point ici l’air de cérémonie,

Regarde-toi déjà comme de la maison.

(a Ariste.)

A propos, nous comptons qu elle entendra raison.

Oh 1 j’ai fait un beau bruit : c’est bien moi qu’on étonne La menace est plaisante 1 ahl je ne crains personne :

Je ne la croyois pas capable de cela. •

Mais je commence à^ voir que tout s’apaisera ,

Et que ma fermeté remettra sa cervelle.

Vous pouvez maintenant vous présenter chez elle : Dites bien que je veux terminer aujourd’hui;

Je vais renouveler connoissance avec lui.

Allez, si Ton ne peut la résoudre à descendre,

J’irai dans un moment lui présenter son gendre.

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