ACTE I, SCENE IY. a
FLORISE
Belle alliance !
CÉRONTE.
Eh! quoi...
FLORISE
La mère de Valèreest maussade, ennuyeuse, Sans usage du monde , une femme odieuse : Que voulez-vous qu'on dise à de pareils oisons?
C'est une femme simple et sans prétentions , Qui, veillant sur ses biens....
FLORISE
La belle emplette encore Que ce Valère ! un fat qui s'aime, qui s'adore.
GÉRONTE
L'agrément de cet âge en couvre les défauts;
Eh ! qui donc n'est pas fat? tout l'est, jusques aux sots.
Mais le temps remédie aux torts de la jeunesse.
FLORISE
Non : il peut rester fat; n'en voit-on pas sans cesse Qui jusqu'à cinquante ans gardent l'air éventé * Et sont les vétérans de la fatuité?
GÉRONTE
Laissons cela. Cléon sera donc notre arbitre. Je veux vous demander sur un autre chapitre Un peu de complaisance; et j'espère, ma sœur..»
FLORISE
Ah ! vous savez trop bien tous vos droits sur mon cœur.
GERONTE.
Ariste doit ici....
FLORISE
Votre Ariste m'assomme ; C'est, jevousl'avoûrai, le plus plat honnête homme...
GÉRONTE
Ne vous voilà-t-il pas? J'aime tous vos amis; Tous ceux que vous voulez , vous les voyez admis : Et moi je n'en ai qu'un, que j'aime pour mon compte ; Et vous le détestez : oh ! cela me démonte. Vous l'avez accablé, contredit, abruti; Croyez-vous qu'il soit sourd, et qu'il n'ait rien senti , Quoiqu'il n'ait rien marqué? Vous autres, fortes têtes, Vous voilà! vous prenez tous les gens pour des bêtes; Et ne ménageant rien....
FLORISE
Eh mais ! tant pis pour lui , S'il s'en est offensé; c'est aussi trop d'ennui, S'il faut, à chaque mot, voir comme on peut le prendre. Je dis ce qui me vient , et l'on peut me le rendre; Le ridicule est fait pour notre amusement, Et la plaisanterie est libre.
GÉRONTE
Mais vraiment,