ACTE Iï, SCÈNE VII
Sur l’air dont vous prendrez tout son petit domaine. D’abord, en arrivant, il faut vous préparer A le suivre partout, tout voir, tout admirer,
Son parc, son potager, ses bois, son avenue ;
Il ne vous fera pas grâce d’une laitue.
Vous, au lieu d’approuver, trouvant tout fort commun,
Vous ne lui paraîtrez qu’un fat très importun,
Un petit raisonneur, ignorant, indocile ;
Peut-être ira-t-il même à vous croire imbécile. VALÈRE
Oh! vous êtes charmant. . .Mais n’aurais-je point tort? J’ai de la répugnance à le choquer si fort.
CLÉON
Eh bien!... mariez-vous... Ce que je viens de dire N’était que pour forcer Géronte à se dédire, Comme vous désiriez ; moi, je n'exige rien :
Tout ce que vous ferez sera toujours très bien; Ne consultez que vous.
Ecoutez-moi, de grâce :
Je cherche à m’éclairer.
CLÉON
Mais tout vous embarrasse.
Et vous ne savez point prendre votre parti.
Je n’approuverais pas ce début étourdi Si vous aviez affaire à quelqu’un d’estimable, Dont la vue exigeât un maintien raisonnable ; Mais avec un vieux fou dont on peut se moquer. J’avais imaginé qu’on pouvait tout risquer,
LE MÉCHANT
Et que, pour vos projets, il -fallait sans scrupule Traiter légèrement un vieillard ridicule.
VALÈRE
Soit. Il a la fureur de me croire à son gré ;
Mais, fiez-vous à moi, je d’en détacherai.