XII DORAT
Disons donCj tout simplement, que notre poète, vraiment trop infatigable, eut le tort grave d'affronter de nouveau « le parterre ».
S'il s'était occupé seulement d'ouvrages courts, gracieux et légers, et s'il avait pris le temps de soigner davantage ses épîtres et ses poèmes, il aurait eu plus de chances de vivre, en dépit de son afféterie un peu fatigante.
La tragédie et la comédie ont perdu Dorât! RÉ- GULus (1773), LA Feinte par amour (1773), Adélaïde DE Hongrie (1774), le Célibataire (177 5), le Malheureux imaginaire(i776),le Chevalier français A Turin et le Chevalier français a Londres (1778), R0SÉ1DE (1779), Pierre le Grand (i 779 ; c'est ZuLiCA, remaniée de fond en comble), etc., autant de pièces plus ou moins sifflées. Ces tragédies sans grandeur et sans éniotion, ces comédies sans caractères et sans gaieté, méritaient, hélas! le triste sort qu'elles ont subi. — H y <^ pourtant quelques jolies scènes dans le Célibataire et dans la Feinte par AMOUR, qui obtinrent un demi-succès. On jouait ce dernier ouvrage au mois d'août ijj^ ,en même temps que RÉGULUS, et pour finir le spectacle. Reproduisons, à ce propos, une épi gramme plus malicieuse que juste:
Dorât, qui veut tout effleurer,
A prétendu, par un double délire,
Nous forcer à pleurer et rire :
11 nous a fait rire et pleurer.