DORAT XI
assez d'habitude de la vie champêtre; jugez ce qu'il aurait dit du ramage de M. Dorât : ce n'est ni dans les coulisses des spectacles, ni dans les soupers de Paris, qu'on apprend à faire des géorgiques... »
A coup sûr, il y a plus d'esprit que de passion dans les Baisers, mais le violent réquisitoire, dont nous donnons quelques passages seulement, prouve surtout que Grimm n aimait pas les gravures, et qu il haïssait Dorât. Ce poète, ayant eu des relations cordiales et suivies avec Frcron, qui le traitait favorablement dans son Année littéraire, fut, pour ce motif, déteste de tous les encyclopédistes et de leurs amis. Us s'opposèrent à son entrée à l'Acadéniie, et dirent, Cl Venvi, du mal de lui et de ses ouvrages, en toute occasion. Grimm, La Harpe, Kulhière et Lebrun-?'mdare se niontrcrent particulièrement impitoyables. Il faut déclarer, cependant, qu'à plusieurs reprises, malgré sa nature acerbe et son antipathie pour Dorât, l'auteur de la Correspondance littéraire lui a reconnu un véritable talent.
Les Œuvres complètes de Dorât, en vers et en prose, forment vingt volumes in-S^ (i 764-1 780). // serait fastidieux d'analyser une telle quantité de productions, mortes, pour la plupart, depuis un siècle.