‹ Œuvres choisies de J. DoratChapitre 58 sur 75 · AUTANT EN EMPORTE LE VENT · texte numérisé non relu

AUTANT EN EMPORTE LE VENT

LiciDAS prit dans le bocage Un bel oiseau sous des buissons.

Et crut retenir le volage Par un simple lien de joncs.

« Que ta cage n'est-elle faite !

Lui disoit-il; dès cet instant, J'irois t'offrir à mon Annette, Et l'Amour sait ce qui m'attend.

« Annette n'est point trop sévère; Ton ramage lui plaira tant Que j'obtiendrai de la bergère En échange un baiser comptant.

Qu'elle m'en donne un seul bien tendre Annette doit me l'accorder :

Les autres, je saurai les prendre, Si je n'ose les demander. »

Il dit, et, songeant à la cage, Détache une branche d'osier, Poésies de Dorât. iq

Puis revient ardent à l'ouvrage, Croyant tenir son prisonnier.

Mais, hélas! il s'est fait passage; Du lien l'oiseau s'est enfui, Et tous les baisers, quel dommage Se sont envolés avec lui.

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