DORAT VII
vers à ses maîtresses [quoi de plus naturel!); il en dédiait aussi à ses maîtresses imaginaires, — et cellesci étaient fort nombreuses. Les épîtres et les odes pleuvaient; le monde frivole et élégant, dans lequel vivait Dorât, applaudissait à cette verve intarissable, à cet esprit un peu nianiérc, mais attrayant néanmoins, et non dépourvu d'originalité. — Maintenant, personne ne lit plus ces aimables badinages.
On a beaucoup reproché à l'auteur (/'Alphonse le luxe de ses éditions. Il est certain qu'Eisen et Marillier travaillèrent souvent pour lui, mais nul ne songerait aujourd'hui à s'en plaindre! Les Baisers, par exemple, qui se vendaient un louis en 1770, coûtent à présent, quand il s'en rencontre, par grand hasard, un exemplaire dans une vente, de i^ooo à i^5oo fr., suivant l'état de conservation et la reliure. Quelquesuns, tout à fait exceptionnels, il est vrai, ont même dépassé 2,000 francs.
Soyons juste! en s' adressant, pour l'illustration de ses livres, aux meilleurs artistes de Vépoque, Dorât, tant raillé par des confrères envieux, prouvait éloquemment la supériorité de son goût artistique. Peutêtre se glissait-il un grain de vanité dans cette façon d'agir; mais, enfin, les amateurs profitent aujourd'hui des folies du chevalier.
A propos des Héroïdes de Dorât, qui nous pa-