‹ Œuvres choisies de J. DoratChapitre 72 sur 75 · LES VENDANGES DE VÉNUS · texte numérisé non relu

LES VENDANGES DE VÉNUS

DANS l'île de Cythère Vénus a son pressoir, Que d'une main légère Les plaisirs font mouvoir.

On y puise sans cesse Ce nectar précieux Que verse la jeunesse A la table des Dieux.

Cuve où l'on est à l'aise Plaît le mieux à Bacchus; Ce goût, ne lui déplaise, Siéroit mal à Vénus :

Le plus petit espace Renferme mille appas; Le vin tient de la place, Le plaisir n'en tient pas.

Tout rempli d'allégresse, Comme on voit le glaneur Grappiller ce que laisse Le fer du vendangeur, Armé d'une faucille, Dans Cythère, à son tour, Le pauvre Hymen grappille Les restes de l'Amour.

Ennemi du mystère, Bacchus cherche un séjour Que le soleil éclaire, Et vendange le jour :

Vénus aime le sombre Du plus secret réduit; Elle se plaît à l'ombre, Et vendange la nuit.

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