‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 133 sur 260 · PROLOGUE i2o · texte numérisé non relu

PROLOGUE i2o

Et l'enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres ', Sur les yeux les plus saints a jeté ses ténèbres. Lui seul invariable, et fondé sur la foi , Ne cherche , ne regarde, et n'écoute que toi, Et, bravant du démon l'impuissant artifice. De la religion soutient tout l'édifice.

Grand Dieu, juge ta cause, et déploie aujourd'hui Ce bras, ce même bras qui combattait pour lui, Lorsque des nations à sa perte animées Le Rhin vit tant de fois disperser les armées. Des mêmes ennemis je reconnais l'orgueil; Ils viennent se briser contre le même écueil : Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières, Du débris de leurs forts il couvre ses frontières.

Tu lui donnes un fils prompt à le seconder. Qui sait combattre, plaire, obéir, commander; Un fils qui, comme lui suivi de la victoire. Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire : Un fils à tous ses vœux avec amour soumis. L'éternel désespoir de tous ses ennemis. Pareil à ces esprits que ta justice envoie, Quand son roi lui dit : Pars, il s'élance avec joie. Du tonnerre vengeur s'en va tout embraser, Et, tranquille, à ses pieds revient le déposer *.

Mais, tandis qu'un grand roi venge ainsi mes injures,

• Allusion aux troubles de l'Angleterre et de la France.

* Allusion à la campagne de 1683, dans laquelle le grand Dauphin prit Philisbourg. Heildelberg, Manheira, et conquit le Palalinat. (G.)

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