ACTE II, SCÈNE VII
0 bonté qui m'assure autant qu'elle m'honore ' !
Un intérêt pressant veut que je vous implore :
J'attends ou mon malheur ou ma félicité;
Et tout dépend, seigneur, de votre volonté.
Un mot de votre bouche, en terminant mes peines,
Peut rendre Esther heureuse entre toutes les reines.
ASSUÉRUS
Ah ! que vous enflammez mon désir curieux !
Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux. Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable, Permettez, avant tout, qu'Esther puisse à sa table Recevoir aujourd'hui son souverain seigneur, Et qu'Aman soit admis à cet excès d'honneur*. J'oserai devant lui rompre ce grand silence; Et j'ai pour m'expliquer besoin de sa présence.
ASSUÉRUS
Dans quelle inquiétude, Esther, vous me jetez ! Toutefois qu'il soit fait comme vous souhaitez.
(A ceux de sa suite.)
Vous, que l'on cherche Aman; et qu'on lui fasse entendre Qu'invité chez la reine, il ait soin de s'y rendre ^.
1 M'assure ne signifie pas me rassure; et c'est me rassure que l'auteur entend ( Volt.)
2 Esth., cil. V, V.8.
s « Qu'on appelle Aman , dit le roi aussitôt , afin ijuil obéisse à la volonté de la reine. » Esth , ch. v, v. 5.) — C'était la plus grande faveur à laquelle on pouvait prétendre dans la Perse. Rarement les rois admettaient a leur table leur mère, jamais leur épouse. (L. R.)