SCÈNE I AMAN, ZARÉS
ZARÈ6.
C'est donc ici d'Esther le superbe jardin S Et ce palais pompeux est le lieu du festin? Mais, tandis que la porte eu est encor fermée , Écoutez les conseils d'une épouse alarmée. Au nom du sacré nœud qui me lie avec vous *, Dissimulez, seigneur, cet aveugle courroux; Éclaircissez ce front où la tristesse est peinte '; Les rois craignent surtout le reproche et la plainte. Seul entre tous les grands par la reine invité, Ressentez donc aussi cette félicité.
Si le mal vous aigrit, que le bienfait vous touche. Je l'ai cent fois appris de votre propre bouche :
1 Le scrupule sur lunite du lieu jusqu au point de la renfermer dans un même appartement , comme Racine l'a pratiqué d'ordinaire , est une perfection , mais non pas une règle. Il e§t d'autant plus raisonnable de ne pas s y astreindre rigoureusement, qu'on se priverait par là de bien des sujets, et de nombre de beautés tout autrement essentielles. L'esprit du précepte est rempli quand la vraisemblance n'est pas violée. (L.)
2 Du temps de Racine , le mot sacre , placé devant le substantif, ne produisait point encore un effet désagréable : aujourd'hui l'usage veut qu'on mette sacre après son substantif. ( G.)
" N'éclaircirez-vous point ce front chargé d'ennuis? " (Boileai'.)