ACTE III, SCÈiNE l
Quiconque ne sait pas dévorer un affront , Ni de fausses couleurs se déguiser le front , Loin de l'aspect des rois qu'il s'écarte , qu'il fuie ! Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie : Souvent avec prudence un outrage enduré Aux honneurs les plus hauts a servi de degré.
AMAN
0 douleur! ô supplice affreux à la pensée !
0 honte qui jamais ne peut être effacée !
Un exécrable Juif, l'opprobre des humains,
S'est donc vu de la pourpre habillé par mes mains 1
C'est peu qu'il ait sur moi remporté la victoire;
Malheureux, j'ai servi de héraut à sa gloire !
Le traître, il insultait à ma confusion ;
Et tout le peuple même, avec dérision
Observant la rougeur qui couvrait mon visage,
De ma chute certaine en tirait le présage.
Roi cruel, ce sont là les jeux où tu te plais !
Tu ne m'as prodigué tes perfides bienfaits
Que pour me faire mieux sentir ta tyrannie,
Et m'accabler enfin de plus d'ignominie '