SCÈNE II ZAGHARIE, JOSABETH, SALOMITII. LE CHlJEUR
JOSABETH
Mais que vois-je ! Mon fils, quel sujet vous ramène '? Où courez -vous ainsi tout pâle et hors d'haleine?
ZACHARIE
0 ma mère !
JOSABETH
Eh bien ! quoi ?
ZACHAIIIE.
Le temple est profané * !
' G? commencement du second acte, plein de vivacité et de trouble, est d'un effet théâtral après le calme majestueux du premier acte. (L.)
- Admirons comment, des les premiers vers du second acte, la scène est déjà tout en mouvement par celte irruption soudaine et imprévue d'Athalie dans le temple. On va bientôt savoir les raisons de celte démarche si étrange. Dans celte pièce, dont l'action est de la plus grande simplicité, rien ne languit; tout murche sans remplissage et sans épisode, (ti..
HiO ATHALIE
JOSABETH
Comment ?
ZACHARIE
Et du Seigneur l'autel abandonné.
JOSABETH
Je tremble. Hâ'ez-vous d'éclairoir votre mère.
ZACHARIE
Déjà, selon la loi, le grand i)rètre mon père, Après avoir au Dieu qui nourrit les humains • De la moisson nouvelle offert les premiers pains, Lui présentait encore entre ses mains sanglantes Des victimes de paix les entrailles fumantes; Debout à ses côtés, le jeune Éliacin Comme moi le servait en long habit de lin ; Et cependant du sang de la chair immolée Les prêtres arrosaient l'autel et l'assemblée ' : Un bruit confus s'élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les e«iprits. Une femme... Peut-on la nommer sans blasphème ! Une femme... C'était Athalie elle-même.
JOSABETH
Ciel!
ZACHARIE
Dans un des parvis aux hommes réservé, (^ette femme superbe entre le front levé , Et se préparait même à passer les limites De l'enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites*.
1 Racine s'est trompé ici sur les rites. On n'arrosait point l'assemblée du sang (le la victime. Le prêtre trempait simplement un doisït dans le sang et en faisait f cpt aspersions devant le voile du sanctuaire ; il en frottait les cornes de l'autel , et répandait le reste au pied du même autel. L'auteur a confondu avec le rite judaïque ce qu'il avait lu dans le cli. x.xiv de VExode, où il est dit que Moïse fit l'aspersion du sang de la victime sur le peuple assemblé; mais il n'y avait point encore de rites ni de cérémonies légales. (Acad.) — Voyez sur les sacrifices des Juifs les sept premiers chapitres du Lévitique , et en particulier le ch. iv, v. 5, 6 et 7. — Voyez aussi Fleury, Mœurs des Israélites, ch. xx.
^ Il ne s'agit pas du sanctuaire; on a déjà vu que le'grand prêtre seul pouvait