SUITE D'ATHALIE
JOSABETH aux deux lévites.
0 vous, sur ces enfants si chers, si précieux, ^Iinist^es du Seigneur, ayez toujours les yeux.
ABNER àJosabeth.
Princesse, assurez-vous, je les prends sous ma garde'.
0 Ciel ! plus j'examine, et plus je le regarde... C'est lui ! D'horreur encor tous mes sens sont saisis.
(Montrant Joas.)
Épouse de Joad, est-ce là votre fils?
JOSABETH
Qui? lui, Madame?
Lui.
• Asaurir pour rassurer. Du temps de Racine, ce mot s'employait encore en ce sens.
JOSABETH
Je ne snis point sa mère.
( Montrant Zacharie.)
Voilà mon fils.
ATHALIE , à Joas.
Et VOUS , quel est donc votre père?
Jeune enfant, répondez ' .
JOSABETH
Le Ciel jusque aujourd'hui...
ATHALIE, à Josabeth.
Pourquoi vous pressez- vous de répondre pour lui? C'est à lui de parler.
JOSABETH
Dans un âge si tendre Quel éclaircissement en pouvez-vous attendre?
Cet âge est innocent : son ingénuité N'altère point encor la simple vérité.
Laissez-le s'expliquer sur tout ce qui le touche.
JOSABETH, à part.
Daigne mettre, grand Dieu, ta sagesse en sa bouche - !
Comment vous nommez -vous?
JOAS
J'ai nom Éliacin.
Votre père?
JOAS
Je suis, dit-on, un orphelin
1 Cette expression jeune enfant, paniit convenir à cet âge où l'on n'est plus précisément un enfant, et où l'on n'est pas encore un jeune homme. Cet âge est celui de Joas, à qui le poète donne neuf à dix ans. Le mot adolescent n'était pas du style tragique , et n'eut pas fait connaître 1 âge véritable de Joas. (L.)
•2 Ce vers prépare et justifie tout ce qu'il y aura d'étonnant dans les réponses de Joas , suivant ce mot de l'Écriture : « Ex ore infantium et lactentium pei fecisti laudem tuam. » [Ps. viii , v. 8.) (L.)