‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 238 sur 260 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

JOAS, JOSABETH, ZAGHARIE, SALOMfTH, UN LÉVITE, LE CHCF.UU.

SAI.OMITII.

D'un pas majestueux^ à côté de ma mère,

Le jeune Éliacin s'avance avec mon frère.

Dansées voiles, mes sœurs, que portent-ils tous deux?

Quel est ce glaive enfin qui marche devant eux ' ?

JOSABETH , à Zacharie.

Mon fils, avec respect posez sur cette table De notre sainte loi le livre redoutable. Et vous aussi, posez, aimable Éliacin, Cet auguste bandeau près du livre divin. Lévite, il faut placer (Joad ainsi l'ordonne) Le glaive de David auprès de sa couronne.

JOAS

Princesse, quel est donc ce spectacle nouveau? Pourquoi ce livre saint , ce glaive, ce bandeau ? Depuis que le Seigneur m'a reçu dans son temple,

• Comme le glaive était porté en cérémonie , l'expression qui marche est aussi juste que poétinue. ;L. R.) — L'ouverture du quatrième acte est de la dignité la plus auguste. Toute cette pompe sacrée n'est po'nt une vaine décoration, elle tient à 1 action; c'est le couronnement de Joas, qui se prépare au moment où ses ennemis conspirent sa perte Ce bandeau, c'est celui de David que Josabeth essaie, tn pleurant, sur le front de son jeune héritier. C'est à cet enfant destiné à la mort que la couronne et l'épée de David sont destinées. Ce livre est celui de la loi de Dieu, sur lequel on va jurer de défendre le dernier rejeton de Juda , et sur lequel il va jurer lui-même d être fidèle à cette loi. (L.,.

D'un semblable appareil je n'ai point vu d'exemple.

JOSABETH

Tous vos doutes, mon fils, bientôt s'éclairciront.

JOAS

Vous voulez essayer ce bandeau sur mon front? Ah 1 princesse, gardez d'en profaner la gloire : Du roi qui l'a porlé respectez la mémoire. Un malheureux enfant aux ours abandonné...

JOSABETH, lui ess.iyanl le diadème.

Laissez, mon fils ; je fais ce qui m'est ordonné.

JOAS

Mais j'entends les sanglots sortir de votre bouche ! Princesse, vous pleurez! quelle pitié vous toucbe? Est-ce qu'en holocauste aujourd'hui présenté Je dois, comme autrefois la fille de Jephté, Du Seigneur par ma mort apaiser la colère? Hélas ! un fils n'a rien qui ne soit à son père.

JOSABETH

Voici qui vous dira les volontés des cieux '.

Ne craignez rien. Et nous, sortons tous de ces lieux *.

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