SCÈNE YI ISiMAEL, JOAS, JOAD, ATHALIE
ET TOUS LES ACTEURS DE LA SCÈNE PRÉCÉDENTE. ISMAEL , à Joas.
Seigneur, le temple est libre et n'a plus d'ennemis : L'étranger est en fuite, et le Juif est soumis.
et les chantres et les tromiettes auprès de lui, et tout le peuple dans la réjouissance et sonnant de la trompette. Alors elle déchira ses véiemei;ts et elle s'écria ; " Trahison', trahison! » (IV Roi», ch. xi. v. 13 et \\.)
1 Le spectateur sent combien ce reproche est injuste, puisque Abner ne savait rien ; et c'est encore une des raisons qui font voir combien le silence (jue .load a gardé avec lui était habilement ménagé par le poêle. Si Abner eût été instruit.
394 ATHAIJE
Comme le vent dans Tair dissipe la fumée ,
La voix du Tout-Puissant a chassé cette armée.
Nos lévites, du haut de nos sacrés parvis,
D'Ochozias au peuple ont annoncé le fils,
Ont conté son enfance au glaive dérobée i.
Et la fille d'Achab dans le piège tombée.
Partout en même temps la trompette a sonné :
Et ses sons et leurs cris dans son camp étonné
Ont répandu le trouble et la terreur subite
Dont Gédéon frappa le fier Madianite.
Les Tyriens , jetant armes et boucliers,
Ont par divers chemins disparu les premiers :
Quelques Juifs éperdus ont pris aussi la fuite ';
Mais, de Dieu sur Joas admirant la conduite,
Le reste à haute voix s'est pour lui déclaré.
Enfin, d'un même esprit tout le peuple inspiré.
Femmes, vieillards, enfants, s'embrassant avec joie ■
Bénissent le Seigneur et celui qu'il envoie :
Tous chantent de David le fils ressuscité.
Bail est en horreur dans la sainte cité ;
De son temple profane on a brisé les portes ;
Mathanest égorgé'*.
c'est alors qu'il aurait joué un rôle peu digne d'un guerrier, comme un critique le dit très-justement, puis(;ue Abner ne fait que ce que doit faire un guerrier fidèle et brave, qui se range auprès de son roi. Et remarquez qu'au moment où il tire l'épée , l'événement est encore incertain, comme Athalie le dit elle-même, et que le temple peut être forcé. (L.)
1 S'il éiait possible de s'arrêter aux détails dans un tableau qui réunit tant d'effets, on pourrait faire remarquer toute l'élégance de cette langue poétique : Ont conle'son enfance, etc. (L )
2 Dans celte belle peinture de la joie publique, le poète n'oublie pas de faire remarquer que quelques Juifs e'perdus ont pris la fuite. 11 a été dit, au commencement de la pièce, que plusieurs étaient du parti d'Athalie, et adoraient Baal. Plus on examine cette pièce, plus on remarque l'ordre dans lequel tout se suit. (L. R.i
3 « Tout le peuple fit une grande réjouissance, et la ville demeura en paix. » (IV Rois, ch. XI, V. 20.)
4 11 Et tout le peuple étant entré dans le temple de Baal , ils renversèrent ses autels, brisèrent ses images en cent pièces, et tuèrent Mathan , prêtre de Baal . devant l'autel. » {IV Rois. ch. xi, v. IS.)