‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 257 sur 260 · ACTE V, SCftNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCftNE VI

Dieu des Juifs , tu l'emportes ' !

Oui, c'est Joas : je cherche eu vain à me tromper^ Je reconnais l'endroit où je le fis frapper : Je vois d'Ochozias et le port et le geste ; Tout me retrace enfin nu sang que je déteste. David, David triomphe; Achab seul est détruit. Impitoyable Dieu, toi seul as tout conduit ! C'est toi qui, me flattant d'une vengeance aisée. M'as vingt fois en un jour à moi-même opposée ; Tantôt pour un enfant excitant mes remords . Tantôt m'éblouissant de tes riches trésors Que j'ai craint de livrer aux flammes, au pillage. Qu'il règne donc ce fils, ton soin -et ton ouvrage ! Et que, pour signaler son empire nouveau , On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau ! Voici ce qu'en mourant lui souhaite sa mère ' : Que dis-je? souhaiter ! je me flatte, j'espère Qu'indocile à ton joug , fatigué de ta loi , Fidèle au sang d'Achab, qu'il a reçu de moi , Conforme à son aïeul, à son père semblable, On verra de David l'héritier détestable Abolir tes honneurs, profaner ton autel, Et venger Athalie, Achab et Jézabel.

(Athalie sort, les lévites la suivent.) .lOAD.

Qu'à l'instant hors du temple elle soit emmenée *,

1 Cette exclamation est sublime, cest le Christe vicUli, de Julien l'Apostat. (L. R.) — La tragédie tout entière n'est que le tableau du combat de Dieu contre Athalie , combat dans lequel Dieu daigne s'engager pour instruire les rois, consoler les opprimés , et fiiire tremb'er les oppresseurs. (G.)

î Latinisme.

•■' L'atrocité des crimes d'Athalie, le sang de ses enfants, dans lequel elle s'est baignée sans pitié, la volonté de Dieu, dont le grand prêtre est rinterj)rete, sauvent tout lodieux qui pourrait résulter pour Joas de commencer son régne par le meurtre de son aïeule. Quelle tierté, quelle énergie dans ces imprécations'. Cène sont pas de vaines déclamation'; : Ihisioire nous apprend qu'elles ne furent que trop accomplies. (G.)

» /r fio-«,ch. XI, V. 15 et Iti.

396 ÂTHALIE

Et que la sainteté n'en soit pas profanée. Allez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris ', De leur sang par sa mort faire cesser les cris. Si quelque audacieux embrasse sa querelle , Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle.

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