LE LÉVITE
Le fer a de sa vie expié les horreurs. Jérusalem, longtemps en proie à ses fureurs, De son joug odieux à la fin soulagée , Avec joie en son sang la regarde plongée.
JOAD
Par cette fin terrible, et due à ses forfaits, Apprenez, roi des Juifs, et n'oubliez jamais, Que les rois dans le ciel ont un juge sévère. L'innocence un vengeur, et l'orphelin un père-'.
' Cette pièce est regardée avec raison comme le modèle le plus parfait de la tragédie. On est étonné de ce que son mérite a été reconnu si tard. On peut s'etonner aussi de ce qui a été enfin si généralement reconnu, (|uc, (|Uitnd nous parlons des défauts communs aux tragédies, nous exceptons toujours .li/iaAe, et que les étrangers en parlent comme nous. Par où une pièce sans amour, sans intrigue, sans aucun de ces événements extraordinaires qu'un poète invente pour jeter du merveilleux, intéresse-t-elle ignorants et connaisseurs, spectateurs de tout âge, si ce n'est par le vrai de l'imitation où se trouvent réunies toutes les perfections, celle du style, celle de la versification, celle des caractères, celle de la conduite? Cette conduite est si simple, que cette pièce est en poésie ce qu'est en peinture ce tableau de Raphaël qui n'oflre ([ue deux ligures : un ange qui, sans colère et sans émotion , écrase le démon. (L. R.)
FIN