SCÈNE VIII NÉRON, NARCISSE
NÉRON
Eh bien ! de leur amour tu vois la violence,
Narcisse ; elle a paru jusque dans son silence.
Elle aime mon rival, je ne puis l'ignorer,
Mais je mettrai ma joie à le désespérer.
Je me fais de sa peine une image charmante ';
Et je l'ai vu douter du cœur de son amante.
Je la suis. Mon rival t'attend pour éclater;
Par de nouveaux soupçons va, cours le tourmenter;
Et tandis qu'à mes yeux on le pleure, on l'adore,
Fais -lui payer bien cher un bonbeur qu'il ignore-.
1 Une imcKje charmante de sa peine est atroce de pensée et d'expression. Néron devait parler ainsi. ( L.\ Harpe.)
2 On peut être étonné que Néron, tout occupé du plaisir d'enfoncer le poignard dans le cœur d'un rival, ne dise rien des secrets que Britannicus vient de révéler, de la conspiration d'Agrippine , du mécontentement de Rome , etc. Néron n'en parle pas ; mais il s'en souvient, et bientôt il prouvera qu'il n'a rien perdu de cette conversation. (G).