SCÈNE V BRITANNICUS, AGRIPPINE, NARCISSE, ALBINE
BniTANNICUS.
Nos ennemis communs ne sont pas invincibles, Madame; nos malheurs trouvent des cœurs sensibles- : Vos amis et les miens, jusqu'alors si secrets. Tandis que nous perdions le temps en vains regrets, Animés du courroux qu'allume l'injustice. Viennent de confier leur douleur à Narcisse. Néron n'est pas encor tranquille possesseur De l'ingrate qu'il aime au mépris de ma sœur. Si vous êtes toujours sensible à son injure, On peut dans son devoir ramener le parjure. La moitié du sénat s'intéresse pour nous; Sylla, Pison, Plautus...
AGRIPPINE
Prince, que dites-vous?
1 Un astrologue consulté par Agrippine avait prédit que Néron serait empereur, mais qu'il tuerait sa mère. Agrippine avait répondu : ■< Occidat, dum impe- « ret : Qu'il me tue; mais qu'il règne. » (Tac. Ayin. XII, xxvi.)
2 Nemo adeo expers misericordiae fuit , quem non Britannici fortunae moeror afficeret. (Id., ibid.)