‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 44 sur 260 · SCÈNE VIII NÉRON, BRITANNICUS, JUNIE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII NÉRON, BRITANNICUS, JUNIE

NÉRON

Prince, continuez des transports si charmants t. Je conçois vos bontés par ses remerciments, Madame; à vos genoux je viens de le surprendre. Mais il aurait aussi quelque grâce à me rendre; Ce heu le favorise, et je vous y retiens Pour lui faciliter de si doux entretiens.

BRITANNICUS

Je puis mettre à ses pieds ma douleur ou ma joie Partout où sa bonté consent que je la voie ; Et l'aspect de ces heux où vous la retenez N'a rien dont mes regards doivent être étonnés.

Et que vous montrent-ils qui ne vous avertisse Qu'il faut qu'on me respecte et que l'on ra'obéisse ?

BRITANNICUS

Ils ne nous ont pas vu l'un et l'autie élever, Moi pour vous obéir, et vous pour me braver, Et ne s'attendaient pas , lorsqu'ils nous virent naître , Qu'un jour Domitius me dût parler en maître ^.

1 Transports si charmants , expression romanesque , mais relevée ici par une ironie amère et un persiflage cruel. (G.)

2 Obvii inter se, Nero Britannicum nomine, ille Domitium, salutavere. Quod, ut discordiae initium, Agrippina multo questu ad maritum defert : « Sperni quippe adoptionem, quaeque censuerint patres, jusseritpopulus, intra pénates abrogari; ac , nisi pravitas tam infensa docentium arceatur, eruptura in publicam perniciem, » (Tac. Ann. XII, XLi.)

Page 1