ACTE IV. SCÈNE IV
Vous seriez libre alors, seigaeur; et, devant \ous ,
Ces maîtres orgueilleux fléchiraient comme nous.
(juoi doue ! ignorez -vous tout ce qu'ils osent dire?
a Néron, s'ils en sont crus, n'est point né pour l'empire.
« 11 ne dit et ne fait que ce qu'on lui prescrit :
« Burrhus conduit son cœur, Sénèque son esprit.
« Pour toute ambition, pour vertu singulière,
(( Il excelle à conduire un char dans la carrière ';
a A disputer des prix indignes de ses mains ;
« A se donner lui-même en spectacle aux Romains;
« A venir prodiguer sa voix sur un théâtre ;
« A réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre *;
« Tandis que des soldats, de moments en moments,
« Vont arracher pour lui les applaudissements. »
Ah ! ne voulez-vous pas les forcer à se taire?
NÉRON
Viens, Narcisse : allons voir ce que. nous devons faire ^
I i;e ne fut nue plusieurs années après la mort de Uritannicus que Néron se lit cocher du cirque ft chanteur de théâtre. Mais ce petit anachronisme est en hiiméme assez indifTérent, et d'ailleurs il en résulte de si grandes beautés, qu'on l'oublie sans peine.
* Suétone nous apprend {.Ver., ïi) qu'une des raisons les plus décisives de sa haine pour Britannicus et de la mort de ce jeune homme, fut la jalousie que Néron avait conçue de la beauté de sa voix Quel parti Racine a tiré de toutes ces traditions historiques, qui conduisent à la connaissance des hommes! (I..)
s Si Néron sortait déterminé, l'action serait finie : il sort pour aller délibérer. Le spectateur prévoit quelle sera la décision d'un conseil tenu avec Narcisse : cependant il reste dans l'incertitude jusqu à la quatrième scène de l'acte suivant ;L. Racine.;;
FIN DU ijl ATRIEME ACTE.
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