ACTE IV. SCK>E
Achille menaçant, tout prêt à Taccabler i? Non, te dis-je, les dieux l'ont en vain condamnée : Je suis et je serai la seule infortunée. Ah 1 si je m'en croyais 1 . . .
DORIS
Quoi? que méditez-vous?
ÉRIPHII.E.
Je ne sais qui m'airête et retient mon courroux, Que, par un prompt avis de tout ce qui se passe -, Je ne coure des dieux divulguer la menace, l*>t publier partout les complots criminels Qu'on fait ici contre eux et contre leurs autels.
DORlS.
Ah! quel dessein. Madame!
ÉRIPHILE
Ah ! Doris , quelle joie ' !
Que d'encens brûlerait dans les temples de Troie, Si, troublant tous les (Irecs, et vengeant ma prison, Je pouvais contre Achille armer Agamemnon ; Si leur haine, de Troie oubliant la querelle, Tournait contre eux le fer qu'ils aiguisent contre elle. Et si de tout le camp mes avis dangereux Faisaient à ma patrie un sacriflce heureux !
DORIS
J'entends du bruit. On vient: Clytemnestre s'avance. Uemettez-vous, Madame, ou fuyez sa présence.
1 L'accabler se rapporte à Agamemnon : la grammaire veut (iii'il se rapporte .lU sang. Le pronom est trop éloigné du nom. fG.)
' C est la phrase si commune , je ne sais ce qui me tient que je famie telle chose, phrase elliptique, où l'on sous-entend e/ «mpf i7if ^we , etc. C'est un gallicisme tresfavorable à la rapidité du style. (L.)
3 Dans cette scène entre Eriphile et sa confidente, ce qui lie au sujet le personnage épisodique,c est la crainte que cette rivale jalouse ne révèle à l'armée l'oracle de Calchas : ell ■ devient util" à laction, en augmentant le danger d'iphigénie. Tout le rôle d'Ériphile est en général véhément, passionné, théâtral ; il fait mieux re.ssortir la douceur, la tendresse délicate d'iphigénie. (G.)
186 IPHIGENIE
ÉRIPHILE
Rentrons, et, pour troubler un hymen odieux, Consultons des fureurs qu'autorisent les dieux i.