PRÉFACE. XXI
La célèbre strophe des Destinées, d'autre part, dit le dédain dît, réprouvé, la revanche du silence, et ne conclut à rien, qu'à une muette et stoïque résignation. La mort du sage, c'est la mort du loup. Et les hautaines colères de Leconte de Lisle, V accusation de stupidité, de cruauté qui percent partout chez lui contre les Dieux, disent la révolte de la raison et surtout de V orgueil individuel plus que la pitié pour r humanité. On sent trop, chez tous les deux, que c'est une affaire entre la divinité et leur personne. Ils sont distincts de V humanité , distincts de Dieu aussi. Chez Jean Lahor, chez le panthéiste imprégné de spiritualisme chrétien, ni Dieu n'est à part de r humanité, ni l" humanité à part de Dieu ; et luimême se fond dans l'un et dans Vautre. Et ce n'est pas une querelle qu'il cherche au ciel .'c'est un problème qu'il cherche à résoudre : avec son esprit d'abord ; puis avec son cœur. Il n'a pas de tour d ivoire : comment d'ailleurs en bâtir une sur un cabinet de consultations ? Et il n'a jamais pris cette attitude de défi, dont on demeure prisonnier une fois qu'on l'a prise. Ramené du ciel sur la terre par la nécessité de V action, il a fait de l'action la mesure de la vie bienfaisante, et a corrigé par là tout son pessimisme. Sa résignation est celle du héros; il a parfaitement défini son pessimisme en le qualifiant