‹ Œuvres choisies de Jean LahorChapitre 11 sur 85 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

poète une idée un peu complète. Et il faut aussi remarquer que la seconde est la plus accentuée, celle qui marque le point d'arrêt de toute la production de sa maturité.

Des tristes, des souffrants, de tant d'âmes qui pleurent Approche avec amour, et les viens relever, C'est en luttant, souffrant, en mourant comme ils meurent, Qu'ils t'ont permis de vivre et permis de rêver.

Enfin, le dernier mot du poète est assurément dans ce vers :

Que ta religion soit ta pitié sans bornes !

Si c'est du pessimisme encore } c'est un pessimisme

trempé de charité chrétienne. On voit, en dernière analyse, combien différent est Jean Lalior de deux autres pessimistes, ses glorieux devanciers, Alfred de Vigny et Le cou te de Liste.

Certes, le poète d'KXoi connut la tendresse humaine, ou du moins la compassion. Et le vers fameux

J'aime la majesté dis souffrances huv: .

est un des plus beaux de la langue et de l 'âme françaises. Mais ce solitaire s'enfermait dans sa tour a'ivoire, et son émotion était surtout intellectuelle.

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