PREFACE. XXIII
que, même en France, il n'ait reçu des marques d} estime appréciables : les jugements d'un Lemaître, d'un Bourgct, d'une Arvède Banne, d'un Chevrillon, et, tout récemment, V étude développée consacrée à Jean Lahor par une délicate plume féminine l sont en sa faveur plus que des symptômes. Cependant, s'il a V estime en France, c'est hors de France qu'il a l'influence. Il est à remarquer qu'à l'étrange? le nom et la réputation de Jean Lahor, en matière d 'art social, de philanthropie , d'idées philosophiques, et même de poésie, sont très au-dessus de l'attention qu'on lui accorde parmi nous. C'est ce qui nous donne pour l'avenir bon espoir. Si V heure de Jean Lahor est déjà venue en Europe, elle viendra chez nous. Elle vient déjà. Et c' est une postérité très prochaine, sûrement, qui dira si c'est à une grande distance de Vigny et de Lcconte de Liste qu'il faut placer le poète de /'Enchantement de Siva, des Vers dorés, et celui qui a fait absoudre le Créateur par sa créature en ce vers brofond comme la douleur :
« A jamais sois béni par la souffrance humaine ! »