XXVI JEAN LAHOR
septentrional dans son premier volume de vers Melancholia; plus tard, les pays du soleil le fascineront. Elevé catholique par sa mère, dans une famille à moitié protestante, il subit, très jeune, l'influence profonde de l'abbé Gratry ; influence d'ailleurs purement morale, car, de très bonne heure, il apparaît comme en marge des deux religions qui partageaient sa famille. Laissons-lui la parole :
« Avant la 20e année, j'avais perdu la foi. Mais, par piété peut-être pour la mémoire d'une mère vénérée, et par esprit de justice, je n'ai cessé de garder à l'Eglise catholique, tout agnostique ou presque athée que je fusse, ma gratitude, mon respect, mon admiration, surtout depuis les bas outrages, depuis les persécutions dont la poursuivent certains de ses ennemis héréditaires, aujourd'hui triomphants.
« Je ne pouvais pas oublier ce qu'il y eut de grandeur et de vraie beauté, à certaines époques, en son ordre et sa discipline, et le bien qui en sortit.
« Je ne pouvais oublier davantage que peut-être aucune religion au monde n'a produit une telle floraison d'âmes saintes; qu'aucune non plus n'a fait naître, et pendant des siècles, une éclosion d'art comparable ;i l'art religieux roman, byzantin, ogival, à celui de nos cathédrales, de nos Églises, que je préfère à tous les temples grecs, fût-ce de la plus belle, de la plus sévère époque, ceux de Pœstum, de Sicile, de Grèce, tous à peu près les mêmes, grands sans doute, mais monotones ; à l'art de ers merveilles, qui sont les cathédrales de Chartres, d'Amiens, de Reims, de Strasbourg, de Paris.