LE MAL D'AIMER
Si tu n'as pas senti trembler ton cœur, tes lèvres Au serrement furtif d'une main sur ta main ; Si tu n'as pas connu le délire et les fièvres Qu'éveille ce seul mot, dit tout bas : à demain !
Si tu n'as pas cherché dans les bras de la femme Des bonheurs infinis, qu'elle ne peut donner. Si, lui demandant trop, tes regards et ton âme X'ont pas et pour jamais voulu s'en détourner ;
Lorsque l'immense nuit te couvre et te pénètre. Palpitant comme toi d'un rêve illimité.
Si tu u'as pas senti se fondre tout ton être Sous l'ineffable paix îles ètoih
LE MAL D AIMEK. 13
Si, n'enviant jamais les sanglantes délices Ni la sublime horreur des dévoûments divins, Ton cœur n'a pas bondi vers ces grands sacrifices Par où l'on veut mourir et pourtant qu'on sait vains;
Oh! vraiment je te plains plus que je ne t'envie, Toi que de tels désirs n'auront pas consumé, Et qui tranquillement auras vécu ta vie, N'ayant jamais souffert pour avoir trop aimé !