LE REVE
C'était un soir d'été, large, éclatant, vermeil ;
Comme un grand cœur saignant se mourait le soleil
Le cœur divin versait sa tendresse infinie,
Et nous contemplions sa sublime agonie,
Et tout nous paraissait splendide, harmonieux,
Divin comme l'amour, qui brûlait dans tes yeux.
— Seul depuis j'ai revu des couchants magnifiques,
Et le même soleil, et des pourpres magiques
Oui n'illuminaient plus ton visage adore ;
Et tout m'a semblé froid, morne, décoloré...
Notre rêve avait fait la beauté de ces chose
Et la douceur des fleurs, celle des lèvres ros
Et ce lac frissonnant qui nous avait charmes
Alors qu'il se mirait en tes yeux bien-aimes.
Le bleu pur de ces flots sillonnés par des cygnes,
Et le chant des couleurs, la musique des lignes.
Tout ce qui ce soir-là nous fit ivres et fous
Était créé par nous, et n'existait qu'en nous